Qu’est-ce que le steampunk ?

Bonjour à toutes et à tous.

Une bonne fois pour toutes, qu’est-ce que le steampunk ? Il semble important d’y répondre pour que certaines personnes cessent de se l’approprier sans savoir de quoi il s’agit.

Je pense notamment à ces gens qui croient encore qu’il suffit de coller des engrenages sur un objet pour que ce soit Steampunk.

Tout d’abord, il faut savoir que cette appellation, signifiant littéralement « punk à vapeur », est à l’origine une simple boutade de l’écrivain K. W. Jeter, par allusion à un autre sous-genre de la science-fiction : le cyberpunk – mot-valise composé de « cyber », pour cybernétique, et « punk », du mouvement qui se révolte contre les valeurs établies.

Ce sous-genre qu’est le steampunk fait référence à plusieurs choses.

La révolution industrielle ou époque victorienne

La révolution industrielle porte bien son nom puisque, depuis ses débuts marqués par la Renaissance, elle a donné lieu aux plus grandes découvertes de l’histoire de la science et de la technologie. Le tout souvent plus ou moins inspiré du savoir apporté à l’Europe par les chinois. On parle réellement de révolution puisque c’est avec cette période que l’on a su poser des bases élémentaires utilisées encore aujourd’hui et qui ont énormément changé la face du monde (rien à voir avec la révolution selon Apple donc). Mais c’est aussi avec la révolution industrielle qu’est né le principe du brevet (là, en revanche, on retrouve Apple).

Mais pour en revenir au steampunk, il évoque l’apogée de la révolution industrielle, qui se situe au cours de la majeure partie du XIXème siècle, aussi communément appelée « époque victorienne », du nom de la reine Victoria 1ère du nom qui a régné de 1837 à 1901 (et qui apparemment avait de bien jolies rondeurs). C’est au cours de cette période que s’est développée, entre autres, la machine à vapeur.

Punk à vapeur mais pas seulement

Le nom évoque surtout le concept de machine à vapeur. En chauffant l’eau, nous obtenons de la vapeur que nous maintenons sous pression. En la libérant, nous pouvons générer une force. À partir de ce principe et de la mécanique de l’époque, différentes machines asservies ont pu assister voire remplacer l’homme dans des tâches fastidieuses.

Mais l’époque victorienne, c’est également l’époque de l’électricité, puisque la machine à vapeur et l’électricité ont été découvertes à peu près au même moment. Néanmoins, les effets et utilisations pratiques de l’électricité étant encore assez mal connus, la vapeur a finalement été privilégiée.

Une époque d’élégance mais aussi d’hautaineté (ce mot est vieilli mais colle bien au thème)

L’époque victorienne, c’est aussi un style vestimentaire très particulier, évoquant une certaine classe. Attention cependant : par classe, j’entends classe sociale. En effet, les styles vestimentaires creusaient davantage le fossé entre les différentes classes sociales. Prenez par exemple le Titanic (même le film, ça ira très bien). Les styles vestimentaires varient en fonction de la classe où vous vous trouvez, et cette classe dépend essentiellement de la fortune de la personne. Car oui, jusqu’à la première guerre mondiale, on affichait son appartenance à une classe en fonction de ses moyens.

Je profite donc pour ouvrir une parenthèse, qui s’adresse aux boutiques spécialisées dans les vêtements steampunk et victoriens. Vos vêtements de classe haute sont vendus excessivement chers, d’accord. Mais le fait que vos vêtements de classe moyenne voire basse soient approximativement au même prix, il y a vraiment une forte exagération !

Encore une fois, attention ! Le seul usage de l’époque victorienne comme cadre spatio-temporel d’une œuvre ne suffit pas à faire du steampunk. En effet, on parle ici d’un sous-genre de la science-fiction. Si l’histoire se passe à l’époque victorienne mais utilise des codes du genre fantastique, on parlera plutôt de « gaslamp fantasy ». Dracula, de Bram Stocker, en est un bon exemple.

Ce que l’on peut accorder au steampunk

Les pionniers du genre figurent parmi les références de la science fiction même. Jules Verne, pour avoir vécu à cette époque, s’était concentré sur les innovations technologiques de son époque pour imaginer celles du futur (le sous-marin avec 20 000 lieues sous les mers, le voyage spatial avec De la Terre à la Lune, etc). Même chose pour Herbert George Wells, qui cherchait cependant plus à faire réfléchir qu’à faire rêver. Albert Robida, qui est moins connu, avait imaginé par des illustrations ce que serait le monde d’aujourd’hui (assez amusant à regarder, et plutôt loin du compte).

On peut s’intéresser aussi à Charles Babbage et sa machine analytique (l’ancêtre de l’ordinateur). Babbage avait en effet déjà imaginé les principes de l’ordinateur et aurait pu les mettre en application. Babbage savait en effet qu’il était trop en avance sur son temps. Les moyens de l’époque ne permettaient pas de réaliser cette machine, du moins pas sans un financement important. On peut alors imaginer une réalité alternative où Babbage aurait pu réaliser sa machine – et cela a été fait ! Cela permet ainsi d’intégrer, dans une certaine mesure, des ordinateurs (électro-)mécaniques dans un univers steampunk.

En résumé, le steampunk doit aborder la science-fiction, avec un usage important de la vapeur, la mécanique et l’électricité, et adopter un cadre spatio-temporel qui correspond à l’usage de ce style de technologie – retour à l’époque victorienne, futur ou univers alternatif. Et non pas des bijoux fantaisie auquel on a collé des engrenages !

J’espère que cet article aura su éclairer votre lanterne si vous ne connaissiez pas le steampunk et/ou vous donner quelques arguments pour défendre ce genre auprès des béotiens qui lui font honte (vous épargnant ainsi un long séjour à Fleury-Merogis ou à Sainte-Anne).

Je vous laisse et vous dis à bientôt.

Watchinofoye

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